Les crises ne sont pas des tentatives de manipulation, mais le résultat
d’une « prise de contrôle » du cerveau par l’amygdale. Cette zone,
responsable de la réponse de survie (combat, fuite ou figement), bloque
l’accès aux capacités de logique et de raisonnement de l’enfant. Tout
signe de stress ou de tension chez le parent est perçu comme une menace,
ce qui aggrave la situation.
Stratégies d’intervention immédiate
Reconnaître les émotions (Validation) :
Mettez-vous à la hauteur de l’enfant pour réduire l’aspect
menaçant de votre posture.Nommez simplement son émotion (ex: « Tu es contrarié à cause de
tes tartines »).Note : Valider l’émotion ne signifie pas cautionner le
comportement. Vous séparez le ressenti de la manière dont il est
exprimé.
Le silence (Réduction du bruit) :
Une fois l’émotion nommée, arrêtez de parler. Expliquer ou
raisonner est inutile pendant la crise, car l’enfant ne peut pas
traiter ces informations. Vos mots ne font qu’ajouter de la
confusion et risquent d’amplifier la réponse de stress.
Présence calme (Co-régulation) :
Restez physiquement présent avec une expression neutre et une
posture détendue. Votre calme aide l’amygdale de l’enfant à
comprendre que la menace est passée.Respectez sa « bulle » : Certains enfants ont besoin d’espace
lorsqu’ils sont surstimulés. Si votre proximité physique aggrave
la crise (poussées, cris, rejet), reculez tout en expliquant votre
action avec bienveillance, « Tu as besoin d’espace, c’est
d’accord. Je reste juste ici si tu as besoin de moi. »
Ce qu’il faut éviter
Ne pas exiger le calme immédiatement : Dire à un enfant de « se
calmer » produit souvent l’effet inverse.Ne pas céder : Si vous cédez pour faire cesser les cris, vous
apprenez à l’enfant que le comportement est efficace pour obtenir
gain de cause.Ne pas faire la leçon trop tôt : Lorsque l’enfant commence à se
calmer, ne tentez pas immédiatement d’expliquer ce qu’il aurait dû
faire. Cela risque de réactiver l’amygdale. Attendez quelques heures
ou le lendemain, quand le cerveau rationnel est de nouveau disponible,
pour discuter de la situation.
Gestion en cas d’urgence (contrainte de temps)
Si vous devez impérativement partir :
Restez calme et proposez deux options acceptables (ex: « Veux-tu me
donner la main ou préfères-tu que je te porte jusqu’à la voiture ?
»).Si l’enfant ne choisit pas, prenez la décision pour lui calmement et
procédez à l’action.
L’importance de la réparation
Il arrive que, sous le coup de la fatigue ou du stress, vous réagissiez
de manière inadéquate. Ne culpabilisez pas, mais gardez à l’esprit que
la manière dont vous agissez après la crise est cruciale pour le
développement de l’enfant et la solidité de votre lien. La réparation
permet de restaurer le sentiment de sécurité et de renforcer l’estime
de soi de l’enfant.
Eveil & Sensation - Une bulle de déculpabilisation pour les parents qui font de leur mieux (c’est-à-dire vous). Ces mots vous ont redonné confiance ? Partagez-les à une amie qui place la barre un peu trop haut pour elle-même. Elle a peut-être besoin de bienveillance aujourd’hui.
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