Pourquoi est-ce différent de la montée de lait ?
Il est essentiel de faire la distinction :
La montée de lait physiologique : C’est un inconfort passager et gérable. Le corps s’adapte progressivement à la production de lait.
L’engorgement : L’œdème et la congestion augmentent la pression interne. Le mamelon et l’aréole deviennent tendus et plats sous l’effet du gonflement, ce qui rend difficile la prise en bouche pour le bébé. Si l’enfant peine à prendre le sein, le lait est moins bien exprimé, ce qui auto-entretient la congestion.
Quelles sont les causes de l’engorgement ?
L’engorgement survient souvent lors de la phase initiale de montée de lait (entre le 3ᵉ et le 5ᵉ jour après l’accouchement, parfois un peu plus tard en cas de césarienne) ou lors de déséquilibres au cours de l’allaitement :
Un drainage insuffisant ou espacé : Des tétées trop courtes, espacées ou sautées (ex. arrêt subit, saut de tétée).
Une mauvaise position ou prise en bouche : Si l’enfant ne prend pas correctement le mamelon et l’aréole, l’extraction du lait est inefficace.
Une surstimulation : L’utilisation excessive d’un tire-lait peut encourager une surproduction de lait (hyperlactation), ce qui aggrave l’inflammation et la congestion.
Une compression externe : Un soutien-gorge trop serré, des armatures ou une sangle de sac comprimant le tissu mammaire.
Les solutions pour désengorger le sein
Le traitement repose principalement sur la réduction de l’inflammation et de l’œdème local :
Tétées régulières à la demande : Continuez à proposer le sein à un rythme physiologique pour permettre l’expression naturelle du lait.
La technique de la pression inversée de Cotterman : Si l’aréole est trop dure, appliquez une pression douce et continue avec le bout des doigts autour de la base du mamelon pendant 1 à 3 minutes. Cela repousse temporairement l’œdème vers l’intérieur du sein et assouplit l’aréole pour faciliter la prise en bouche par le bébé.
Application de froid : Appliquez des compresses froides ou des poches de glace enveloppées dans un linge fin pendant 10 à 15 minutes entre les tétées. Le froid réduit l’œdème, l’inflammation et la douleur. (Évitez d’appliquer de la chaleur, qui peut augmenter l’œdème et l’inflammation).
Drainage lymphatique doux : Des caresses ou effleurages très légers (de l’aréole vers l’aisselle) peuvent encourager la circulation lymphatique. Évitez les massages profonds ou vigoureux qui risquent d’endommager le tissu mammaire et d’aggraver l’inflammation.
Expression raisonnée : N’exprimez manuellement ou au tire-lait que la quantité strictement nécessaire pour assouplir le sein et vous soulager, afin de ne pas stimuler une surproduction de lait.
Gestion de la douleur : En concertation avec un professionnel de santé, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (comme l’ibuprofène) peut être recommandée pour diminuer l’œdème et la douleur.
Signes d’alerte : Quand consulter ?
Si l’engorgement n’est pas soulagé ou s’il s’accompagne d’une inflammation marquée, il convient de consulter rapidement une sage-femme, un médecin ou une consultante en lactation certifiée (IBCLC) :
Une zone rouge, chaude, indurée et localisée qui devient de plus en plus douloureuse (signes pouvant évoluer vers une mastite).
De la fièvre, des frissons, ou un état grippal (courbatures, grande fatigue).
L’absence d’amélioration après 24 à 48 heures de mesures conservatrices à la maison.
Ne gardons pas ces précieux conseils pour nous. En relayant ce post, vous tendez la main à une maman qui se pose des questions et vous lui rappelez qu’elle n’est pas seule dans cette aventure. L’équipe d’Eveil et Sensation compte sur vous pour faire grandir cette chaîne de solidarité.





