On entend souvent dire que le nombre d’enfants égocentriques augmente. Dans la majorité des cas, cela ne provient pas d’un manque d’amour parental, mais plutôt d’un excès de protection ou d’indulgence. En voulant trop bien faire, certains parents privent involontairement leurs enfants d’expériences clés : réfléchir par eux-mêmes, patienter, céder leur tour ou développer leur capacité d’empathie.
1. Corriger et surveiller à l’excès
Explication psychologique
Vouloir éviter à tout prix que l’enfant ne se trompe pas ou se blesse (« Ne fais pas ça », « Mets tes chaussures comme ceci ») part d’une intention d’amour. Cependant, des réprimandes ou des corrections trop fréquentes privent l’enfant de moments précieux pour tester des solutions par lui-même et développer son autonomie.
Lorsqu’un enfant est constamment guidé par ce qu’on lui ordonne de faire, il prend l’habitude d’agir uniquement en fonction de consignes directes plutôt que d’observer son environnement et de deviner les besoins des autres. Il finit par raisonner uniquement selon son propre prisme, ce qui ralentit l’apprentissage de la prise en considération d’autrui.
Recommandations pratiques
Marquez une pause avant d’intervenir : Sauf en cas de danger immédiat, observez ce que l’enfant essaie d’accomplir.
Encouragez la réflexion : Posez des questions ouvertes comme « Comment pourrais-tu faire pour que ça fonctionne ? » au lieu de donner la solution tout de suite.
Valorisez le droit à l’erreur : Un environnement où l’échec n’est pas puni permet à l’enfant de devenir plus tolérant envers les erreurs des autres.
2. Devancer systématiquement les besoins de l’enfant (Over-functioning)
Explication psychologique
Dans la précipitation du quotidien (comme les préparations du matin), il est souvent plus rapide pour le parent de faire les choses à la place de l’enfant. Cependant, si l’enfant ne rencontre jamais d’obstacles ou de difficultés, il a peu d’occasions de ressentir la gratitude d’avoir été aidé ou de mesurer la peine que se donnent les autres.
L’empathie se développe lorsqu’on a soi-même expérimenté la difficulté et la satisfaction d’avoir reçu du soutien. Si tout est géré à l’avance pour lui, l’enfant manque d’opportunités d’accumuler ces repères émotionnels et peine à se représenter les efforts fournis par son entourage.
Recommandations pratiques
Acceptez la lenteur et l’imperfection : Laissez l’enfant essayer par lui-même, même s’il met ses chaussures à l’envers ou fait tomber des objets.
Accordez-lui le sentiment d’accomplissement : Prendre quelques secondes pour patienter et dire avec le sourire « Tu as réussi tout seul ! » renforce sa confiance et sa capacité à imaginer la persévérance chez autrui.
3. Pratiquer une « éducation sans colère » mal interprétée
Explication psychologique
S’il est essentiel d’éviter les cris et les sanctions humiliantes, considérer que recadrer est une mauvaise chose constitue un risque. Par exemple, si un enfant en frappe un autre et que le parent se contente de reformuler l’émotion (« Tu étais en colère, je comprends ») sans poser de limite claire, ou s’il s’excuse à la place de l’enfant auprès de la victime, ce dernier ne prend pas conscience de la portée de son acte.
Pardonner sans poser de cadre laisse l’enfant avec un sentiment de sécurité matérielle mais sans repères sociaux. Recadrer consiste à fixer des limites nettes quant aux comportements acceptables en collectivité. Sans ces limites, l’enfant devient très sensible à ce qu’il subit, mais reste aveugle à ce que ressentent les autres.
Recommandations pratiques
Ne vous arrêtez pas à la validation émotionnelle : Après avoir accueilli ce que ressent l’enfant, montrez-lui clairement l’impact de son geste sur l’autre (« Regarde, ton camarade a mal / est triste »).
Développez la sensibilité émotionnelle très tôt : La capacité à lire les expressions de visage et le ton de la voix s’acquiert principalement durant la petite enfance grâce aux interactions et aux ajustements sociaux du quotidien.
4. Ne jamais reconnaître ses propres erreurs en tant que parent
Explication psychologique
Certains parents hésitent à présenter des excuses à leur enfant lorsqu’ils se trompent ou s’emportent. Pourtant, s’excuser sincèrement est la plus grande leçon d’empathie qu’un adulte puisse transmettre.
Dans les foyers où les adultes ne s’excusent jamais, l’enfant intègre l’idée que s’excuser équivaut à perdre ou qu’il faut nier ses fautes. En cas de conflit avec ses pairs, il aura tendance à rejeter la faute sur les autres pour se protéger. En psychologie, l’apprentissage par imitation (modélisation) montre que le comportement des parents s’imprime profondément dans la mémoire sociale de l’enfant.
Recommandations pratiques
Sachez dire désolé : Si vous avez réagi de manière excessive, dites simplement : « Excuse-moi, je me suis emporté(e) tout à l’heure ».
Montrez que l’erreur est réparable : Cela apprend à l’enfant que reconnaître une faute n’est pas un signe de faiblesse, mais une preuve de respect envers la relation.
Éveil & Sensation - Un espace de respiration pour les parents qui font de leur mieux.
Ces mots vous ont fait du bien ? Transmettez-les à une mère fatiguée ou isolée dans son quotidien. Elle a peut-être besoin de ce souffle aujourd’hui.





